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Applicateur certifié Équipe Nano · Saguenay–Lac-Saint-Jean
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Garantie · 8 min de lecture

Le traitement nano annule-t-il la garantie de mes bardeaux ? La vraie réponse

C'est la question qui bloque le plus de décisions, et celle sur laquelle on trouve le plus de réponses commodes. Voici les textes eux-mêmes.

Ce que disent les garanties, textuellement

BP Canada exclut de sa garantie « toute exposition à la peinture, à des solutions de nettoyage inadéquates, à des enduits, à des produits chimiques, atmosphériques ou liquides, toute application des produits précités, toutes modifications de quelque nature que ce soit ».

IKO, à la clause 8.B de sa garantie limitée canadienne, exclut « les effets de réactions chimiques avec les bardeaux ou des produits chimiques appliqués sur les bardeaux ».

Ce sont des exclusions larges. Elles ne nomment pas les traitements nanotechnologiques, mais elles couvrent la catégorie générale des produits appliqués après la pose.

La position de l'association des manufacturiers

L'Asphalt Roofing Manufacturers Association (ARMA) est explicite dans son bulletin technique : elle déconseille fortement l'application de tout revêtement appliqué en chantier sur des bardeaux d'asphalte déjà installés. Trois risques sont invoqués : la création d'une barrière pare-vapeur pouvant causer la pourriture du support, une modification possible de la classification au feu, et le décollement des granules.

Une nuance importante, cependant : ce bulletin vise les coatings, c'est-à-dire les revêtements filmogènes qui forment une pellicule en surface. L'ARMA n'a pas publié de position formelle distincte sur les traitements pénétrants, qui fonctionnent différemment. L'ambiguïté est réelle, et nous ne prétendrons pas qu'elle est tranchée.

L'argument juridique québécois, et ses limites

Plusieurs applicateurs au Québec avancent qu'en vertu de la Loi sur la protection du consommateur, un manufacturier ne peut pas annuler une garantie pour cause d'utilisation d'un produit tiers. L'argument s'appuie sur la garantie légale, qui existe bel et bien.

Ce qui est exact : au Québec, la garantie légale prévue aux articles 37 et 38 de la LPC s'applique indépendamment de toute garantie conventionnelle. Elle exige qu'un bien puisse servir à un usage normal pendant une durée raisonnable, et un commerçant ne peut y déroger par contrat. Un manufacturier ne peut donc pas vous faire renoncer à vos droits légaux.

Ce qui l'est moins : cette garantie légale ne neutralise pas automatiquement une clause d'exclusion figurant dans une garantie conventionnelle. Ce sont deux régimes distincts. Nous n'avons trouvé aucune décision publiée ni position de l'Office de la protection du consommateur confirmant la lecture large que certains vendeurs en font.

Présenter cet argument comme un feu vert absolu, c'est aller plus loin que ce que le droit connu permet d'affirmer.

Ce que ça veut dire concrètement pour vous

  • Si votre toiture a moins de 10 ans et qu'une garantie manufacturier active a une valeur réelle pour vous, la question mérite d'être posée directement au manufacturier avant tout traitement. Écrivez-leur. Gardez la réponse.
  • Si votre toiture a plus de 15 ans, la garantie manufacturier est souvent déjà largement dégressive, voire épuisée pour la main-d'œuvre. L'enjeu pratique diminue fortement.
  • Dans tous les cas, la garantie légale québécoise continue de vous protéger contre un vice caché ou une durabilité anormalement courte, c'est un filet indépendant.
  • Demandez la garantie de l'applicateur par écrit : durée, ce qui est couvert, ce qui ne l'est pas, et si elle est transférable à un acheteur.
Un vendeur qui vous affirme sans nuance que « la garantie ne peut pas être annulée au Québec » vous donne une demi-réponse. Un vendeur qui vous explique la tension entre les deux régimes vous donne de quoi décider.

Et l'assurance habitation ?

C'est un sujet distinct, et souvent plus déterminant. À notre connaissance, aucun assureur québécois n'a publié de position excluant les traitements de surface. En revanche, Intact a modifié sa souscription des toitures : la couverture standard d'un bardeau d'asphalte est plafonnée à 20 ans, avec au-delà un avenant d'exclusion assorti d'une franchise de 5 000 $ pour l'infiltration, et sans couverture des dommages au toit lui-même. Un préavis d'un an est donné.

Pour un propriétaire dont le toit approche les 20 ans, cette réalité-là pèse souvent plus lourd que la garantie du manufacturier.

Notre pratique

On aborde cette question à l'inspection, avant de parler de prix. Si votre garantie manufacturier est active et que vous y tenez, on vous suggère d'écrire au manufacturier et d'attendre sa réponse. Une vente reportée de deux semaines vaut mieux qu'un client qui apprend la nuance après coup.

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C'est exactement pour ça que l'inspection est gratuite. On monte, on regarde, on vous dit la vérité, même quand la réponse est « il faut la refaire ».

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